Memoria traumei și reprezentarea cotidianului în jurnalele ,,Epocii de Aur”
Abstract
Cet article analyse la représentation de la mémoire traumatique et du quotidien dans la diaristique roumaine de la « Époque d’or », en envisageant le journal intime comme une forme privilégiée d’écriture de soi sous contrainte totalitaire. L’hypothèse centrale est que le traumatisme du communisme ne se manifeste pas uniquement au niveau thématique, mais qu’il structure le discours diaristique lui-même, à travers des procédés tels que la fragmentation, l’ellipse et l’autocensure, étroitement liés à l’expérience quotidienne de la peur et de la
précarité. Le cadre théorique mobilise le concept de pacte autobiographique formulé par Philippe Lejeune et la théorie de la mémoire narrative développée par Paul Ricoeur, utilisés comme instruments herméneutiques pour identifier les symptômes textuels du traumatisme. L’analyse comparative porte sur les journaux de Monica Lovinescu, de Paul Goma et d’Alice Voinescu, mettant en évidence des formes différenciées de l’expérience traumatique : le traumatisme médiatisé de l’exil et de la vigilance morale, le traumatisme de la confrontation directe et de l’exposition éthique, ainsi que le traumatisme intériorisé de la marginalisation et de la résistance silencieuse. L’étude montre que la diaristique de « l’Époque d’or» constitue un
corpus essentiel pour comprendre les relations entre quotidien, traumatisme et mémoire culturelle.